“Jouer le jeu” ou la réification (im)possible du maniaque

8 February 2021

“Jouer le jeu” ou la réification (im)possible du maniaque

Laurent Joliton, sans titre ; Crédit d’image :Boum ! Bang !

Si Sartre considère le « jouer le jeu de l’en-soi » comme conséquence de l’échappement à l’être qui caractérise la réalité humaine, nous voudrions plutôt esquisser les traits d’une posture existentielle où, précisément, c’est le fait de « jouer le jeu » qui empêche, toujours d’avantage, l’émergence à l’être. En ce sens, il nous est apparu que la manie, entendue comme la polarité joueuse du trouble bipolaire (ou trouble maniaco-dépressif) et telle que décrite par la psychopathologie phénoménologique et notamment par Ludwig Binswanger, correspond assez ponctuellement à l’expérience, tout à fait tragique, de l’impossibilité d’émerger à l’être, soit de tendre à une forme d’existence qui soit à la fois persistante, dans le sens de temporellement continuelle, et partagée, dans le sens de commune avec Autrui.

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